[{"data":1,"prerenderedAt":132},["ShallowReactive",2],{"content:fr:\u002Famapa":3},{"id":4,"title":5,"body":6,"description":120,"extension":121,"hero":122,"meta":125,"navigation":126,"path":127,"seo":128,"stem":130,"__hash__":131},"content\u002Ffr\u002Famapa.md","Amapá",{"type":7,"value":8,"toc":107},"minimark",[9,13,21,26,29,35,39,42,50,54,57,61,64,70,74,77,81,84,90,93,97,100,104],[10,11,12],"p",{},"Au cours de la dernière décennie, les trafiquants de cocaïne au Brésil ont graduellement réorienté les flux de leur trafic vers l'Amapá plutôt que vers le Pará, plaque tournante plus établie, transformant ainsi l'État le plus septentrional du pays en nouveau foyer du trafic de cocaïne en Amazonie.",[10,14,15],{},[16,17],"img",{"alt":18,"src":19,"size":20},"story-01-01-amapa-scuba-diver","\u002Fimages\u002Fstories-amapa-story-01-01-amapa-scuba-diver.jpg","big",[22,23,25],"h3",{"id":24},"plongeurs-professionnels","Plongeurs professionnels",[10,27,28],{},"Les « narco-plongeurs » sont devenus des atouts précieux dans les opérations d’exportation de cocaïne en Amapá, tirant parti des longues périodes d’attente des navires transatlantiques ancrés près des ports de Macapá et de Santana. Ces spécialistes, souvent d’anciens plongeurs de la marine ou des pompiers de formation, viennent de São Paulo ou de Rio de Janeiro par avion et travaillent de nuit dans des conditions dangereuses, dans les eaux profondes du fleuve, pour fixer des cargaisons de cocaïne aux caisses de prises d’eau des navires cargo (méthode dite du « rip-on »). Leur expertise permet aux trafiquants de mener ces opérations avec une précision remarquable, dans des conditions qui ont occasionné par le passé des blessures à des plongeurs locaux moins expérimentés. L’implication de ces professionnels hautement qualifiés souligne à quel point la logistique du trafic de drogue dans l’Amapá est devenue sophistiquée, ainsi que les défis auxquels sont confrontées les forces de l’ordre dans le delta de l’Amazone.",[10,30,31],{},[16,32],{"alt":33,"src":34},"Narco-submarine on support bench","\u002Fimages\u002Fplace-narco-submarine.png",[22,36,38],{"id":37},"submersibles","Submersibles",[10,40,41],{},"Les submersibles sont en train de devenir un nouveau moyen de trafiquer la cocaïne via l’Amapá. Une fois submergés, ces engins parcourent les cours d’eau de la forêt tropicale, soit en transportant des cargaisons de cocaïne en provenance des régions productrices de Colombie, soit en effectuant le trajet à vide. Une fois arrivés dans l’Amapá, les submersibles refont surface et sont mis à l’abri sur l’une des nombreuses îles fluviales isolées situées près des ports de Santana et de Macapá. Là, ils peuvent être chargés de cocaïne avant de mettre le cap sur l’Europe. Les submersibles occupent une place de plus en plus importante dans le trafic de cocaïne depuis une dizaine d’années, mais ils restent moins courants que la méthode dite du « rip-on » ou le transport par bateau de pêche.",[10,43,44,49],{},[16,45],{"alt":46,"src":47,"size":48},"Amazon satellite overview 1","\u002Fimages\u002Fplace-satellite-dual.png","full","\nSource : Google Earth (c 2025 Google, Imagery c AirbusData SIO, NOAA, U.S. Navy, NGA, GEBCOCNES \u002F AirbusMaxar Technologies)",[22,51,53],{"id":52},"le-port-de-santana","Le port de Santana",[10,55,56],{},"Le port de Santana est devenu un nouveau point important pour les criminels qui recourent à la méthode du « rip-on », dissimulant des cargaisons de cocaïne à bord de navires à destination de l'Europe. L'île de Santana, plaque tournante de la distribution pour les trafiquants de drogues, se trouve de l'autre côté du fleuve Amazone, face aux quais.",[22,58,60],{"id":59},"faible-présence-des-forces-de-lordre","Faible présence des forces de l’ordre",[10,62,63],{},"L'Amapá, avec son vaste territoire et une présence institutionnelle très limitée, a permis aux groupes de trafiquants de drogues de se développer sans rencontrer de grande résistance. Bien que cet État ait à peu près la taille de l'Angleterre, sa brigade de lutte contre les stupéfiants ne compte que 10 agents et ne dispose que de cinq véhicules de patrouille ; elle n'est donc pas en mesure de surveiller des itinéraires de trafic complexes et multimodaux qui couvrent la forêt, les îles fluviales et les zones frontalières internationales. Compte tenu de l’isolement de l’Amapá, de la présence minimale des autorités fédérales et de l’absence quasi totale de forces de police dans des zones stratégiques telles que Marajó et les îles fluviales autour de Santana, les groupes criminels parviennent à échapper à la surveillance, à dissimuler leurs cargaisons et à consolider leur contrôle territorial. Ce vide en matière de maintien de l’ordre facilite les flux de cocaïne et alimente une escalade de la violence, les factions rivales exploitant les vulnérabilités géographiques et institutionnelles de cette région.",[10,65,66],{},[16,67],{"alt":68,"src":69,"size":20},"story-01-02-amapa-state-violence","\u002Fimages\u002Fstories-amapa-story-01-02-amapa-state-violence.jpg",[22,71,73],{"id":72},"niveaux-de-violence-élevés","Niveaux de violence élevés",[10,75,76],{},"Les niveaux de violence en forte hausse dans l’Amapá indiquent que la concurrence entre groupes criminels a engendré une grave crise de sécurité publique. L’État a enregistré en 2024 un taux d’homicides de 45,1 pour 100 000 habitants – le plus élevé du Brésil et plus du double de la moyenne nationale –, en partie dû aux conflits entre groupes de trafiquants pour le contrôle de routes lucratives de trafic de drogues. La violence des forces de l’ordre contribue également de manière significative au nombre de victimes. En 2024, la police a tué 137 personnes, ce qui représente plus d’un tiers de l’ensemble des homicides commis dans l’État. La police a tendance à présenter ces faits comme le résultat d’actions défensives menées lors d’affrontements armés avec des trafiquants de drogues. Cependant, les données révèlent que les décès de policiers sont rares dans cet État. Loin d’être liés à une soi-disant « guerre » contre les trafiquants de drogues, les violences policières meurtrières sont devenues une tendance généralisée qui aggrave l’insécurité en Amapá. Les exécutions sommaires de civils non armés par les forces de l’ordre sont de plus en plus fréquentes dans ce qui était, il y a encore une dizaine d’années, une région reculée et globalement paisible du Brésil.",[22,78,80],{"id":79},"compétition-entre-acteurs-criminels","Compétition entre acteurs criminels",[10,82,83],{},"La croissance du trafic de cocaïne via l’Amapá a été façonnée par l’évolution des alliances et des rivalités entre les deux plus importantes organisations criminelles du Brésil, le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV). Au départ, ces deux groupes se sont implantés dans l’État afin de contourner leurs bastions respectifs à Belém, en nouant des partenariats avec des factions locales telles que la Familia Terror do Amapá (FTA), les Amigos Para Sempre (APS) et l’União do Crime do Amapá (UCA). Ces alliances leur ont permis de s’assurer des moyens logistiques, des sites de stockage et des points d’ancrage territoriaux, tout en offrant aux groupes locaux un accès à l’approvisionnement en drogues et à une protection. Au fil du temps, cependant, le modèle flexible de type « franchise » du CV s’est révélé plus attractif pour les gangs de l’Amapá, lui permettant d’absorber entièrement l’APS et d’inciter des milliers de membres de la FTA à changer de camp. Alors que le CV consolidait sa domination à Macapá, à Santana et sur les principales îles fluviales, le PCC conservait son influence grâce à des liens de longue date, même s’il peinait de plus en plus à imposer sa hiérarchie stricte. Il en résulte un écosystème criminel en constante évolution, dans lequel les groupes locaux et nationaux alternent entre coopération et concurrence, redéfinissant ainsi le contrôle sur les nouveaux corridors de trafic en Amazonie.",[10,85,86],{},[16,87],{"alt":88,"src":89,"size":20},"story-01-03-whatsapp-wars","\u002Fimages\u002Fstories-amapa-story-01-03-whatsapp-wars.jpg",[10,91,92],{},"Les cultures organisationnelles très différentes du PCC et du CV se reflètent dans leurs styles de communication. Le PCC impose une discipline interne stricte, exigeant de ses membres qu’ils respectent des protocoles rigides et s’abstiennent de toute conversation informelle dans les groupes de discussion. À l’inverse, la communication au sein du CV est chaotique et informelle : les groupes de discussion sont inondés de messages en tout genre, allant d’invitations à des fêtes à des propositions de transport de drogue, en passant par des alertes concernant les patrouilles de police. Ces cultures contrastées influencent la manière dont chaque groupe recrute, gouverne et gère ses alliances locales. Alors que le PCC projette une image de hiérarchie et de contrôle, la structure plus souple du CV favorise une expansion rapide et une intégration plus poussée avec les gangs locaux.",[22,94,96],{"id":95},"nouveau-corridor-surinameguyane-françaiseamapá","Nouveau corridor Suriname–Guyane française–Amapá",[10,98,99],{},"Un nouveau corridor de trafic reliant le nord de la Colombie, le Suriname, la Guyane française et l’Amapá émerge, ajoutant une nouvelle dimension à des itinéraires de trafic de cocaïne en Amazonie déjà complexes. La cocaïne est acheminée par avion ou par voie fluviale jusqu’au Suriname, d’où elle est ensuite transportée soit par de petits avions vers des pistes d’atterrissage clandestines dans l’Amapá, soit via les réseaux fluviaux denses reliant le Suriname à la Guyane française. Des agents brésiliens opérant dans les camps d’exploitation aurifère illicite de la région acheminent ensuite les cargaisons de l'autre côté du fleuve Oiapoque jusqu’à l’Amapá. Bien qu’il n’en soit encore qu’à ses débuts, ce corridor offre aux trafiquants une voie d’accès supplémentaire (peu surveillée) vers la côte nord du Brésil, renforçant ainsi l’importance croissante de l’Amapá en tant que point de départ des exportations transatlantiques.",[22,101,103],{"id":102},"cercueils-de-cocaïne-en-provenance-des-mines-dor","Cercueils de cocaïne en provenance des mines d'or",[10,105,106],{},"La convergence croissante entre l'exploitation aurifère illicite et le trafic de drogues dans l'Amapá se manifeste clairement par l'apparition de « cercueils de cocaïne ». De petits avions en provenance des sites miniers isolés transportent régulièrement du matériel, des provisions et même les corps de mineurs décédés. Les trafiquants exploitent cette situation en dissimulant des briques de cocaïne à l’intérieur des cercueils transportant les défunts, ce qui leur permet de faire entrer ces cargaisons à Macapá et à Santana avec un contrôle minimal. Cette tactique met en évidence la grande capacité d’adaptation des réseaux de trafic et l’imbrication des économies illicites dans l’Amapá.",{"title":108,"searchDepth":109,"depth":109,"links":110},"",2,[111,113,114,115,116,117,118,119],{"id":24,"depth":112,"text":25},3,{"id":37,"depth":112,"text":38},{"id":52,"depth":112,"text":53},{"id":59,"depth":112,"text":60},{"id":72,"depth":112,"text":73},{"id":79,"depth":112,"text":80},{"id":95,"depth":112,"text":96},{"id":102,"depth":112,"text":103},"Dynamiques et routes du trafic de cocaïne dans l’Amapá.","md",{"kicker":123,"title":5,"image":124},"Changer le paradigme d’analyse de l’offre illicite et du trafic de drogues en France","\u002Fimages\u002Fstories-flags-amapa-50.png",{},true,"\u002Ffr\u002Famapa",{"title":5,"description":129},"Plongeurs narcotrafiquants, routes de trafic et dynamiques criminelles dans l’Amapá.","fr\u002Famapa","JTKgmtqbc2NDjZp3sVZny9xlXGzQZPPsD624mhdglqE",1788985110043]